Sud Kivu : Adopter la planification familiale pour épanouir son foyer

22 Novembre 2013 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Dans la province du Sud Kivu, à l’Est de la RDC, certaines coutumes et religions encouragent les familles à avoir des nombreux enfants. Dans nombreuses coutumes, le nombre d’enfants est généralement signe de fierté.


Obéissant aux coutumes avec idée que le nombre élevé d’enfants constitue une richesse, des femmes mettent au monde autant d’enfants que leur corps le permet. C’est le cas de Mwamini, 29 ans, mère de 8 enfants qui continue de mettre au monde par crainte d’être répudiée. « Si j’arrête de mettre au monde, il (Mon mari)risque de se tourner vers d’autres femmes car rien ne pourra plus l’attirer à la maison » estime-t-elle. Ses deux fils de 10 et 9 ans n’étudient plus depuis le début de cette année faute d’argent.
Son époux, en chômage, admet avoir « d’énormes difficultés pour prendre en charge tous ses enfants » malgré tout cela, il ne veut pas entendre parler de la planification familiale. « C’est Dieu qui me donne les enfants et c’est à Dieu de s’occuper d’eux » justifie-t-il.

Planifier pour s’ épanouir


« Généralement, les enfants abandonnés, les enfants dits de la rue viennent des familles nombreuses » constate Faida Chofi, chargée de planification familiale à l’hôpital de Panzi.
Dans plusieurs familles au Sud Kivu, les parents ont du mal à nourrir, soigner et éduquer leurs enfants à cause du nombre élevé.
« A quoi ça sert d’avoir 10 ou 20 enfants que je ne saurais pas éduquer ? Pourquoi mettre au monde des enfants qui vont finir dans la rue comme des mendiants ou voyous ?» S’interroge David Buhendwa, petit commerçant, père de 4 enfants.
Marié depuis 10 ans, David a accepté de planifier les naissances dans son foyer. Aujourd’hui, il dit être épanoui. « Je n’ai pas un grand revenu, mais je m’en sort bien avec le peu que j’ai. Mes enfants étudient normalement, mon épouse fait un petit commerce qui prospère, j’ai déjà ma propre maison et on est tous en bonne santé » souligne-t-il fièrement.


La planification familiale permet aussi de préserver la santé de la femme et du bébé. « Mais aussi de limiter le taux de mortalité maternelle et infantile lors des accouchements» précise Faida Chofi.
Dans la ville de Bukavu, précisément dans la zone de santé d’Ibanda, 5 femmes sont décédée lors de l’accouchement dans certains centres de santé entre janvier et avril 2014. Ce qui fait une moyenne d’une femme qui meurt en maternité par mois dans la dizaine que compte la zone. « Le nombre des femmes qui meurent avant d’atteindre un centre hospitalier est encore plus élevé. Même situation pour les femmes des milieux ruraux où les centres de santé ne sont pas accessibles » précise Mubyula Mbilizi, infirmier superviseur de la zone de santé d’Ibanda.

Une décision du couple


Accepter de planifier les naissances relève d’une meilleure prise de conscience et des ses responsabilités tant pour l’homme que pour la femme. Une décision qui doit se prendre par les deux conjoints dans le couple afin de favoriser une meilleure harmonie.
Pour planifier les naissances, nombreuses personnes utilisent les méthodes naturelles. «Celles-ci se résument par l’abstinence du couple aux relations sexuelles durant toute la période de l’ovulation de la femme. La période où elle a le risque de concevoir. Cela permet d’espacer les naissances de manière naturelle » explique Cirhagane Madarhi, infirmière dans cette institution hospitalière. Une méthode qui réussit mais qui n’est pas aussi simple à appliquer par nombreux couple.


Ce qui pousse plusieurs personnes à utiliser des méthodes artificielles. Ces méthodes sont : « l’usagedes pilules, le dipoprovera, les implants qui peuvent être utilisés pour une durée de 3 à 5 ans, le stérilet, ou le préservatif selon le souhait du couple… » Précise l’infirmière. Ces méthodes sont plus faciles à utiliser par les couples affirme-t-elle. Mais elles peuvent présenter des effets secondaires pour certaines femmes en fonction de leurs prédispositions hormonales. « Chaque fois que ces effets secondaires apparaissent, il faut rentrer voir le médecin qui a fait la prescription. Toutes les complications peuvent être traité » indique Cirhagane Madarhi.

Prince Murhula

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Pierrot 03/06/2014 00:22

c'est vraiment interessant. je pense qu'à notre siecle les gens n devraient plus considerer des enfant comme une richesse...