Dr Denis Mukwege exhorte les dirigeants du monde à fixer une ligne rouge contre le viol commis comme une arme de guerre

17 Juin 2014 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Dr Denis Mukwege exhorte les dirigeants du monde à fixer une ligne rouge contre le viol commis comme une arme de guerre

Le vendredi 13 juin s’est clôturé à Londres le sommet global pour mettre fin aux violences sexuelles en période de guerre. Un sommet historique tenu du 10 au 13 juin qui a réuni plusieurs ONG défendant les droits de la femme, des ambassadeurs, des acteurs politiques et décideurs du monde.

Au cours de sa présentation, à la clôture de ce sommet, le Dr Denis Mukwege a exhorté la communauté internationale à agir pour que le corps de la femme cesse d’être un champ de bataille. « Nous avons perdu tant d’énergie et de moyens à réparer les corps et les esprits des femmes détruites par la bêtise humaine, et nous rêvons désormais d’un temps où nous pourrons à nouveau accompagner les femmes qui donnent la vie et à prendre en charge les pathologies naturelles. » a souligné le médecin Directeur de l’Hôpital de Panzi.

Depuis plus de 10 ans, le docteur Mukwege a soigné plus de 35 000 femmes survivantes des viols à l’est de la République démocratique du Congo. Depuis, il n’a cessé de plaider tant au niveau national qu’international pour que cesse cette barbarie infligée à la femme.

Transformer les victimes en survivantes

Le viol détruit la femme à divers aspects de sa vie. A l’hôpital de Panzi, les victimes de viol bénéficient d’un traitement holistique qui inclut les soins médicaux, l’assistance psychosociale, les activités assurant l’accès aux ressources économiques pour les victimes et visant leur émancipation économique, sociale, politique, et enfin l'accès gratuit à la justice. Un long processus visant principalement à permettre à la femme de se relever, de quitter l’état de victime pour celui de survivante « Chaque pays a son contexte et ses types d’obstacles auxquels il doit faire face pour permettre aux victimes de sortir de l’anonymat et entamer le processus qui les transforme de victimes en survivantes, et de survivantes en actrices pour le changement et la paix »

Pour Docteur Mukwege les Etats et la communauté des bailleurs des fonds devraient répliquer ce modèle de guichet unique ou « one stop center » développé avec succès par l’hôpital de Panzi depuis 10 ans.

Une ligne rouge contre le viol

La résolution 1820 du conseil de sécurité des Nations Unies a reconnu le viol comme arme de guerre. Une résolution issue d’un grand lobbying mené par différents acteurs de la société civile au près des décideurs sur le plan international. « Depuis deux décennies, la société civile a alerté les décideurs, utilisé les médias, témoigné devant les élus des Nations du monde mais une indifférence choquante a prévalu. Trop longtemps, les Nations Unies se sont limitées à un rôle d’observateurs et de rapporteurs, puis enfin l’adoption de la résolution 1820» a souligné Dr Denis Mukwege.

Aujourd’hui, se réjouit-il, « le monde se mobilise et le lien entre violences sexuelles et la paix et la sécurité internationales est clairement établi ».

Malgré ce grand progrès, l’impunité des auteurs de viol reste cependant l’un des grands défis. Pourtant, il n’y a pas de paix sans justice a rappelé Dr Mukwege en plaidant pour l’instauration de la justice transitionnelle. Pour le médecin Directeur de l’Hôpital de Panzi, il n’y aura pas de paix sans justice, sans un assainissement des institutions publiques et sans mécanismes d’établissement de la vérité.« Récemment, la communauté internationale a fixé une ligne rouge contre l’utilisation des armes chimiques en Syrie. Nous exhortons aujourd’hui les dirigeants du monde à fixer une ligne rouge contre le viol commis comme une arme de guerre. Et ce Sommet représente un tournant décisif dans cette direction. Un momentum se profile, nous devons le saisir ! » a conclut le Dr Mukwege.

Prince Murhula

Lire aussi sur http://www.panzihospital.org/archives/2412

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