Rdc: 48 femmes sont violées chaque heure selon une étude américaine

17 Juin 2014 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Une équipe d'universitaires américains a publié la première étude visant à estimer le nombre total de viols en République démocratique du Congo.

Selon leurs conclusions, 48 femmes sont violées chaque heure dans le pays et le phénomène est plus généralisé que ne le suggéraient les études précédentes.

Cependant, le gouvernement congolais considère que l'augmentation des chiffres concernant les violences sexuelles résultent de l'amélioration des possibilités offertes aux victimes pour les signaler.

Les calculs publiés ce mercredi par trois scientifiques américaines dans l'American Journal of Public Health aboutissent à un total de plus de 400 000 femmes violées en République démocratique du Congo sur une période d'un an.

Les auteurs ont extrapolé les résultats d'une enquête de santé menée en 2007 auprès de 10000 femmes âgées de 15 à 49 ans en les combinant à des estimations de la population totale. Tous les chiffres proviennent de services de l'administration congolaise assistés par des bailleurs de fonds internationaux.

Les universitaires constatent que les violences sexuelles sont largement répandues en-dehors des zones de guerre de l'est du pays, où différents groupes armés sont responsables de milliers de viols. La province de l'Equateur, à plus de 1000 km des attaques de groupes rebelles du Kivu, figure ainsi parmi les plus touchées.

Les agences des Nations unies font régulièrement état de 15000 à 20000 viols signalés chaque année dans les régions en conflit de l'est du Congo, tout en soulignant que de nombreux cas ne leurs sont jamais rapportés.

Les auteurs de l'étude remarquent que leur estimation, qui porte elle sur tout le territoire national, est bien supérieure. Elles constatent également qu'un nombre encore plus important de femmes rapportent avoir eu des relations sexuelles forcées avec leur partenaire habituel.

Ces conclusions rejoignent celles d'autres études récentes, selon lesquelles les violences sexuelles ne sont plus seulement des faits de guerre mais se répandent aussi dans la société congolaise.

Cependant, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende estime que l'augmentation des statistiques sur les viols relève plus des progrès dans leur signalement que d'une montée de la violence.

"Là où il n'était même pas possible aux victimes de faire enregistrer un cas qui leur est arrivé, maintenant la chose est possible, et donc il est tout à fait normal que nous ayons connaissances de cas qu'il ne nous était pas possible de connaître avant,” a déclaré monsieur Mende.

Les auteurs de l'étude recommandent par ailleurs que les futures politiques de lutte contre les violences sexuelles soient étendues au-delà des zones de conflits armés et s'attaquent à leur acceptation par la so

Thomas Hubert

Groupe de femmes prises en charge par le projet d'assistance des  victimes de viol à l'hôpital de Panzi

Groupe de femmes prises en charge par le projet d'assistance des victimes de viol à l'hôpital de Panzi

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