Uvira : Trafic des filles mineures, commerce honteux

1 Juillet 2014 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Uvira : Trafic des filles mineures, commerce honteux

Plus de trente-cinq mineures victimes de trafic humain rapatriées du Burundi vers la RDC par une organisation locale en collaboration avec le commissariat de la police nationale congolaise de Kiliba, plaine de la Ruzizi, territoire d’Uvira, province du Sud Kivu en R.D. Congo

« Des filles mineures sont victimes d’exploitation sexuelles à Kiliba » déclare Mukoloka Calvin, coordinateur de l’ong Espoir d’horizon, une association locale de défense des droits des femmes et enfants à Kiliba. Selon lui, les auteurs de cette pratique se recrutent plus parmi les vendeurs et vendeuses des bières communément appelé « mbakazi ». Ces vendeurs mènent leurs activités en RDC et au Burundi. C’est par le poste frontalier de Vugizo que ces commerçants rejoignent l’un ou l’autre pays. L’Ong Espoir d’Horizon a déjà facilité le rapatriement vers Uvira de 22 filles mineures victimes de cette pratique.

Toujours selon cette organisation, 67 autres filles mineures seraient encore entre les mains de leurs bourreaux. D’après les organisations locales, ces jeunes filles sont recrutées à Kiliba, Runingu, Ndunda, Luvunge et Sange, dans la plaine de la Ruzizi pour servir de filles de ménage au Burundi voisin.

« Lorsqu’elles sont contactées, les filles ont l’assurance d’aller travailler dans des restaurants ou alimentations avec un salaire mensuel équivalent à 100 dollars américains. » affirme monsieur Mukoloka Calvin qui poursuit : « A leur arrivée au Burundi voisin, ces filles sont confiées aux responsables des maisons de tolérance et bistrots où elles sont exploitées sexuellement ».

Selon les organisations locales, le recrutement de ces filles serait facilité par un groupe des commissionnaires qui trompent les parents des enfants en leur promettant ciel et terre s’ils acceptent de libérer leurs enfants.

Les victimes se plaignent

« Un jour avant de partir au Burundi, la femme qui m’avait amenée nous avait donné 20 dollars américains à chacune. Nous étions au nombre de 7. Cet argent devait nous aider à nous faire coiffer et à acheter des habits à la mode en insistant sur des pantalons et des maillots de corps », raconte Elisée Koyo (faux nom et prénom que nous avons utilisés pour préserver son anonymat), âgée de 13 ans, porteuse du VIH/Sida, avec ses deux mains aux Joues et les yeux remplis de larmes quand elle nous parle.

« Là où nous etions achetées, on nous tabassait à chaque fois qu’on refusait de s’habiller en mini- jupe ou en maillot de corps communément appelé en swahili ”mugongo out” ‘dos nu’ en français ». On nous obligeait à avoir des relations sexuelles sans préservatif. Les clients payaient 10.000 francs burundais (6 dollars américains) ajoute Charlène Bowoya (nom et prénom d’emprunt), l’autre enfant également en larme. Selon Charlène elles étaient obligées de rendre régulièrement compte à leurs bourreaux : « Elles chercheraient elles -mêmes les clients. Nous étions sommer de verser tout l’argent perçu même ce obtenu des clients chercher par nous-mêmes. », conclut-t-elle.

C’est suite à l’enquête menée par l’association Espoir d’Horizon en janvier dernier sur la destination et la cause d’abandon scolaire massif des enfants filles dans la cité de Kiliba, que ce trafic avait été porté à la connaissance du public. La police nationale qui a déjà arrêté 4 trafiquants de ces filles mineures poursuit son travail d’enquête en vue de mettre fin à ce trafic.

Les parents accusés de complicité

Arrêtés par la police, certaines trafiquantes soutiennent travailler en complicité avec les parents des enfants. Selon elles, les parents eux-mêmes leur confient les enfants. Elles affirment gagner jusqu’à 300.000 francs burundais (200 dollars américains). Le Coordonnateur de l’Ong Espoir Horizon qui regrette ce fait, insiste sur la nécessité pour les parents de protéger leurs enfants.

Mukoloka Calvin interpelle aussi l’autorité pour que les trafiquants arrêtés subissent réellement la rigueur de la loi : « nous avons constaté avec regret que les six personnes arrêtées dont 4 femmes et 2 hommes sont tous en liberté et continuent de circuler dans nos quartiers alors qu’ils sont un danger pour nos enfants », déclare-t-il avant de conclure : « Il faut que le gouvernement vulgarise dans tout le pays la loi portant protection de l’enfant ».

David Munyaga

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