Bukavu: Accès difficiles des jeunes diplômés à l’emploi

16 Octobre 2014 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Pencarte de l'office national de l'emploi à son bureau de Bukavu
Pencarte de l'office national de l'emploi à son bureau de Bukavu

Plus de 80% des jeunes diplômés de la ville de Bukavu chef-lieu de la Province du Sud-Kivu sont en chômage,selonMasse d’intellectuels de Bukavu, une organisation locale qui vise à insérer les jeunes sur le marché du travail. Toujours selon cette organisation, ces jeunes sont en majorité diplômés d’universités, gradués et licenciés. Ils ont des capacités essentielles pour travailler mais l’environnement ne le leur permet pas de se faire embaucher.

Le chômage déguisé pour les jeunes

De manière à satisfaire les besoins les plus essentiels, les jeunes s’adonnent aux travaux ne répondant pas à leur profil.

Après trois ans de chômage, Safi Magaju licenciée en Droit s’est réfugiée dans l’enseignement à l’école secondaire; « je suis enseignante au complexe scolaire La Relève. J’y enseigne le français. On me considère comme simple diplômée car l’enseignement ce n’est pas mon domaine. Chaque fois je soumets ma candidature mais on ne me retient pas », regrette-t-elle.

Pascal lui est licencié en santé publique à l'institut technique médicale. Aujourd’hui il est agent dans un cyber café de la ville. « C’est parfois décevant lorsque l’accès à l’emploi ne semble pas préoccuper les autorités. Que faire ?», s’interroge-t-il.

Pacifique, lui est licencié en économie. Faute de travail, il s’est fait embaucher dans une boutique comme vendeur. « J’étais fatigué de rester à la maison. Aucune de mes demandes d’emploi n’a reçu de réponse positive. Alors j’ai sauté sur l’occasion qui m’a été présentée », affirme-t-il.

Sans contrat de travail et avec un salaire dérisoire et irrégulier, ces jeunes espèrent tout de même pouvoir trouver un emploi répondant à leur profil.

Les tests de recrutement ne rassurent pas

Nombreuses ONG, entreprises privées et publiques organisent régulièrement des tests d’embauche. Une opportunité offerte aux jeunes pour trouver de l’emploi. Si dans certaines ONG et entreprises ces tests se passent dans la transparence, dans d’autres par contre elles reposent sur des critères non objectives. « Je ne crois pas aux résultats publiés après un test d’embauche. C’est le clientélisme qui l’emporte sur la compétence et le profil », témoigne Olivier jeune universitaire sans emploi.

«J’ai postulé dans une institution publique. J’ai réussi au test écrit. Je suis même arrivé à l’interview. Mais curieusement à la fin on me dira que je n’ai pas été retenu. J’apprendrai plus tard que les autres candidats avaient été recommandés. Moi je n’avais aucun soutient », se rappelle Battiston Laisi, jeune licencié en sciences politique et administrative.

D’autres entreprises monnayent le recrutement des agents témoignent certains jeunes. Serges Mambo, jeune congolais, diplômé en informatique à l’institut des sciences de Kigali au Rwanda, « Je suis revenu au pays juste après mes études. J’ai postulé dans une ONG, on m’avait retenu après le test écrit et l’interview. Avant de signer le contrat, le Directeur des ressources humaines de l’ONG m’a demandé 1000 dollars américains pour que je sois embauché. Où pourrais- je trouver cet argent moi qui venait fraichement de sortir de l’université ?», se demande –t-il.

« Dans plusieurs offres on nous demande une expérience de travail de 3 à 5 ans. Comment est-ce qu’on peut avoir une telle expérience lorsqu’on vient directement du banc de l’école », s’interroge Freddy Mulume.

Le faible niveau de la plupart des jeunes pose problème

Les chargés de recrutement reconnaissent la difficulté qu’éprouvent les jeunes diplômés à trouver de l’emploi. Cependant, ils relèvent le faible niveau de la plupart des jeunes diplômés d’université qui jouent souvent en leur défaveur. « Parfois on organise un test pour un seul poste mais on se retrouve avec 50 ou 100 candidats. Dans ce cas nous sommes censés être plus rigoureux pour ne rester qu’avec un seul. Ceux qui échouent pensent toujours qu’il y a eu de l’influence quelque part » souligne Fidélie Mushagalusa, de l’Administration et finance au Guichet d’économie locale du Sud-Kivu, GEL.

Pour Mangaza Badesirwe, chargé des ressources humaines au Projet de prise en charge des survivantes des violences sexuelles, SVS, à l’hôpital de Panzi, nombreux jeunes ne décrochent pas d’emploi par manque d’expérience. « La plupart ne sait pas aussi comment rédiger le CV, la lettre de motivation ou même se comporter lors de l’interview. Pourtant tout cela compte » précise-t-il.

Les autorités rassurent

Le chef de division de la fonction publique, Balola Muhari, souligne que des mesures sont prises pour faciliter l’accès des jeunes à l’emploi. « La nouvelle idéologie dans la fonction publique est de respecter le processus de recrutement par concours. Ceci permettra aux jeunes d’avoir la même chance d’accéder à un travail », précise-t-il d’un ton rassurant.

Il reconnait toutefois l’existence de nombreuses failles au sein de l’administration publique. « Il y a eu beaucoup de faille dans la réglementation du travail dans notre pays. Mais les choses changent à petit à petit. Il faut croire au gouvernement et travailler tous pour le changement. »

De son côté, l’inspection provinciale du travail demande aux jeunes d’être patient et de faire confiance aux institutions de l’Etat.

Olivier Kitumaini chargé de communication à l’inspection provinciale du travail affirme que « les jeunes ne doivent pas perdre patience car le gouvernement tient à cœur leur situation. D’ici 2015, en moyenne 20 000 personnes seront retraitées. Pour suppléer à leur absence, plus de 7000 emplois seront créés en faveur des jeunes qui auront le profils requis pour ces emplois ». Ces propos de l’inspection du travail sont loin de rassurer les jeunes.

Landry BASHIZI de la Masse d’intellectuels de Bukavu, pense à l’union des jeunes pour plaider leur cause. « Nous devons nous unir pour mener des plaidoyers pour que notre situation s’améliore et inciter le gouvernement à se préoccuper de notre avenir. Les jeunes sans occupation c’est un danger pour la société », insiste Landry.

Soulignons que la constitution de la République Démocratique du Congo, à son article 36 stipule que le travail est un droit et un devoir pour chaque congolais.

Justin Nkumbarhi

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Zadania 02/04/2015 11:26

Soulignons que la constitution de la République Démocratique du Congo, à son article 36 stipule que le travail est un droit et un devoir pour chaque congolais.

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