Goma: Les déplacés veulent la paix pour retourner chez eux

12 Février 2016 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains

Un groupe de déplacés de Goma, ph. Mustapha Mulonda
Un groupe de déplacés de Goma, ph. Mustapha Mulonda

A Goma, dans la province du Nord Kivu, les déplacés de guerre ne veulent pas rester dans les camps où ils vivent des dons des ONG humanitaires. Ils plaident pour leur retour dans leurs villages. Là, ils estiment pouvoir assurer leur autonomie à travers l’agriculture.

Le gouvernement et les Organisations humanitaires s’impliquent dans le processus de retour volontaire. « Ça fait 18 ans que je suis ici, en provenance de Walikale dans le groupement de Kabunga (localité située au sud de Walikale) où nous avions fui les affrontements entre les FARDC (armée régulière congolaise) et les rebelles de Raia Mutomboki. Nous voulons vraiment que la paix soit totalement restaurée dans notre village, car nous voulons rentrer chez nous »,confie tristement Mangaza Nyabale, déplacée de guerre. Celle-ci vit, depuis, dans une hutte construite dans le camp des déplacés à Mugunga III avec son mari et ses quatre enfants.

La plupart des déplacés vivant dans les camps de Mugunga I et III, Bulengo, Lac vert, sites situés à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Goma, semblent fatigués d’y vivre.

Ils optent ainsi pour le retour dans leurs localités respectives. « La vie est pénible ici dans le camp,…», soulève Sebuhonyi Nicolas, chef de camp Mugunga I. « Les enfants présentent les signes de malnutrition mais aussi ne sont pas scolarisés faute de moyens…, », ajoute-t-il.

Mais, regagner ces villages suppose qu’ils soient pacifiés souligne Sebuhonyi Nicolas.

Conscients de la situation, le gouvernement provincial du Nord Kivu et ses partenaires humanitaires s’impliquent depuis juin à la pacification de la région. « Ceux- là dont leurs villages ont déjà recouvrés la sécurité doivent regagner leurs toits. Nous encouragerons les retournés du territoire de Nyiragongo et des agglomérations dans le territoire de Rutshuru, parce que ceux qui sont rentrés y mènent une vie normale », recommande Julien Paluku, gouverneur de province du Nord-Kivu, alors qu’il fermait officiellement le camp de Kiwanja.

« D’après moi, c’est urgent de fermer les camps, sinon nous risquerons de promouvoir une culture de mendiants, surtout pas à nos populations, en majorité travailleuses mais qui reçoivent des vivres auprès des ONG », poursuit-il.

Satisfait du retour volontaire

De son côté, le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR) insiste sur le fait que le retour des déplacés doit être volontaire. Il faut, à cet effet, que la quiétude soit garantie dans les zones de retour. « Nous reconnaissons que l’accalmie règne dans certaines régions de la province. Cela contribue de plus en plus au retour volontaire des déplacés mais ceux-là dont les zones sont encore en conflit, doivent rester dans les sites sans être inquiété », fait savoir Gloria Ramazani, chargée de communication du HCR, au cours d’un entretien avec les déplacés au camp du Lac vert.

Comme la plupart de retournés, Solange Habimana est satisfaite de son retour à Nyiragongo depuis août dernier. Elle fait savoir que la vie est belle depuis qu’elle est chez-elle: « A mon arrivé, les ONG comme COOPI, en partenariat avec le gouvernement provincial m’avaient dotée des semences de pomme de terre, haricot…, pour la culture. Et aujourd’hui, mon champ est devenu productif », se réjouit cette mère de trois enfants. « Nous sommes très bien chez nous, là à Buhimba on ne pouvait pas aller à l’école », dit tout souriant Jacques Hakizimwami, 13 ans, qui poursuit aujourd’hui ses études en 5ème année primaire à l’Ecole primaire Nyiragongo.

La biométrie pour concrétiser le retour

En vue de faire le suivi du processus de retour, l’enregistrement biométrique est mis en œuvre dans tous les sites de déplacement autour de Goma. Actuellement, la biométrie s’avère utile, elle permet surtout de s’assurer que l’assistance est fournie aux vrais bénéficiaires, annulant ainsi des déplacés fictifs qui ne faisaient que gonflaient le nombre dans les sites alors qu’en réalité, ils habitent à Goma. « Cette révélation nous a permis de supprimer quelques sites dont Nzulo, Buhimba, Lusuli. Le petit nombre de déplacés recensés, ont été transférés à Mugunga III »,démontre Jobert Rukenwa, l’un des agents de l’OIM, en charge de la capture biométrique.

Par ailleurs, la Monusco, à travers les Îlot de stabilité, un projet qui s’exécute avec le Gouvernement congolais en vue de restaurer l’autorité de l’état dans les zones reculées et conflictuelles à l’Est du pays, tentent également de pacifier la région dans le souci de permettre le retour des déplacés. « Même si on ne peut pas réussir à sécuriser tous les coins du pays, mais grâce aux ilots de stabilité nous encadrons les juges, formons la police et combattons désormais aux côtés des FARDC, pour neutraliser complètement les rebellions », rassure Tchagbele Bilame Kaso, chef de bureau de l’information publique de la MONUSCO.

Certes, René Kiunda, un activiste des droits humains, tout en félicitant le gouvernement et ses partenaires de rendre effectif le retour progressif de déplacés, demande à l’Etat de consolider la paix acquise dans des zones il y a peu en conflit: « L’Etat doit veiller harmonieusement sur l’article 52 de la Constitution qui garantit à tous les Congolais, le droit à la paix et à la sécurité tant sur le plan national qu’international. Aucun individu ou groupe d’individus ne peut utiliser une portion du territoire national comme base de départ d’activités subversives contre l’Etat ».

Alphred Bukuhi

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nelsono bukuhi 13/02/2016 17:43

ainsi seraient la solution que les réfigiés rentrent mais le gouvernement doit aussi pacifier leur milieux urgement,cette fois-ci il y a festival amani qu'ils nous prouvent.