Bukavu, des habitants accèdent difficilement à l’eau potable

18 Juin 2016 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains

Bukavu, des habitants accèdent difficilement à l’eau potable

Dans plusieurs quartiers de la ville de Bukavu en province du Sud Kivu, l’accès à l’eau potable pose problème ces derniers mois. Les services de la « Régideso », entreprise qui se charge de la fourniture de l’eau dans la ville, ne sont plus accessibles par plusieurs habitants. Ce qui comporte un risque pour la santé.

Février 2015. Dans le quartier Keredi, à Nguba en pleine commune d’Ibanda, des habitants viennent de passer trois mois sans voir couler de l’eau dans leurs robinets. Le quartier Panzi connait aussi le même problème depuis plusieurs mois. « Les agents de la Régideso ont promis de résoudre le problème il y a cinq mois. Mais on a toujours pas accès à l’eau ici », se plaint Maisha Mugaruka, habitant de Panzi.

Pour surmonter ce problème, des habitants du milieu se ressourcent dans des puits ou utilisent carrément l’eau de la rivière Ruzizi.

Un danger pour la santé

Au quartier Keredi, des « bizola », puits en français, ont été creusés par des habitants pour surmonter le problème de l’eau. « Plus de 100 ménages viennent s’approvisionner ici chaque jour », témoigne Anselme, membre du comité de gestion d’un puit situé dans ce quartier. D’autres habitants, eux, vont se ressourcer à la rivière Ruzizi voisine à leur quartier. . L’eau puisée dans ces puits et à la rivière sert aux habitants dans différentes tâches. « On l’utilise pour faire les travaux ménagers, la vaisselle, la lessive, la cuisson et même pour boire », ajoute Anselme.

Mais le problème reste surtout lié à l’hygiène et la qualité de l’eau qu’ils y puisent. « Ces puits sont construits autour des toilettes. Et l’eau qu’on y tire n’a pas souvent bon gout », reconnait Francine Mwendale, habitante de Keredi. « Il y a aussi trop de déchets qui y sont déversés. Ce n’est pas potable », ajoute pour sa part Muhemeri Byamungu.

« Le fait d’utiliser cette eau pour la consommation représente un grand danger pour la santé », prévient Dr Patrick Kubuya, médecin traitant à l’hôpital de Panzi dans la commune d’Ibanda. Selon lui, nombreuses maladies sont issue du fait de la consommation de l’eau impropre, notamment celle qui provient du lac et des puits. « Il y a le choléra, la dysenterie, la fièvre typhoïde, et plusieurs autres maladies », explique-t-il.

Pour lui, des mesures doivent être prises par les autorités pour protéger les habitants de ces milieux.

Un droit garanti

Selon l’article 48 de la Constitution de la République démocratique du Congo, le droit à un logement décent, le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis. « Il revient à l’Etat de prendre des mesures pour que toute la population ait accès à l’eau potable », insiste Mizo Kabare, président de la Ligue des consommateurs des services au Congo Kinshasa, LIKOSKI. Pour cet acteur de la société civile, le fait de ne pas garantir ce droit constitue une violation des droits de l’homme. « Il y a les services de la Régideso qui existent. Pourquoi le gouvernement ne lui dote pas des moyens pour atteindre tous les habitants et leur fournir un service permanent ? Pour nous, nous sommes en face d’une grave violation des droits de l’homme », ajoute-t-il. Pour lui, les autorités devraient également mettre en place des bornes fontaines dans le but d’aider la population à avoir accès à l’eau potable.

De son côté Dr Patrick Kubuya estime que des mesures d’urgence doivent être initiées par les autorités en vue d’épargner les habitants des problèmes sanitaires auxquels les expose la consommation d’eau impropre. « Il faut des sensibilisation sur l’utilité de bouillir l’eau avant sa consommation par exemple. Aussi, des produits purifiants d’eau devaient être mis à la disposition des populations et être accessibles », souligne-t-il.

Pascal Mweze

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