L’insuffisance des terrains à Bukavu affecte le droit des jeunes au loisir

18 Juin 2016 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

L’insuffisance des terrains à Bukavu affecte le droit des jeunes au loisir

Faire du sport à Bukavu devient de plus en plus difficile pour les jeunes. Surtout que les terrains qui servaient jadis à cet effet ont été soit spoliés, soit désaffectés ou se sont sensiblement dégradés. Ce qui inquiète les habitants du milieu.

« Actuellement la ville de Bukavu ne compte que deux terrains disposés à accueillir les activités des jeunes. Celui de Mukukwe pour la commune d’Ibanda et de Funu pour celle de Kadutu. Mais tous ces terrains sont en mauvais état », regrette Didier Lunganwa, joueur de football au sein de l’équipe Bande rouge. « Pendant la saison de pluie, le terrain de Mukukwe est boueux et très glissant. Pendant la saison sèche, il est très poussiéreux et dangereux pour la santé. C’est difficile d’y jouer dans l’une ou l’autre saison », note Emmanuel Dunia, père de famille, habitant de Muhungu télécom,

« Depuis une dizaine d’années nombreux terrains affectés aux loisirs des jeunes ont été soit spoliés, soit désaffectés pour d’autres activités ou délaissés » regrette pour sa part Dido Kafilongo, président de l’entente de football de Bukavu. C’est le cas de celui de Ndendere, dans la commune d’Ibanda, qui a été affecté pour servir de camps de transit pour les réfugiés rwandais de retour dans leur pays.

Une violation du droit au loisir

« Il y a une dizaine d’années, la ville de Bukavu pullulait des clubs sportifs des jeunes », se rappelle Dieudonné Malekera, secrétaire de l’entente de basketball de Bukavu. Des compétitions amicales opposaient alors des clubs des quartiers régulièrement. Mais, depuis que ces terrains ont cessés d’exister, la passion des jeunes au sport se perd aussi de plus en plus. « On a plus de terrain pour l’entrainement et les compétitions des jeunes», regrette Albert Mwinja, 27 ans, habitant au quartier Nyalukemba. Cette situation inquiète également les autorités locales.

Et même si certains terrains existent encore, y accéder constitue aussi un autre problème. « Les terrains de basketball encore opérationnels appartiennent tous aux missionnaires. N’importe qui ne peut pas y accéder car il faut des formalités préalables», note Dieudonné Malekera, secrétaire de l’entente de basketball de Bukavu.

Ce qui a, entre autre, comme conséquences la baisse du niveau sportif dans la ville de Bukavu. « On sent facilement que le niveau du football et du basketball et d’autres sports est en rabais faute de terrains», estime Eddy Silimu ancien jour de l’OC Bukavu Dawa, une équipe célèbre équipe locale de football.

Ce qui inquiète actuellement des organisations de promotion de la jeunesse œuvrant dans la ville. « Le droit au loisir est reconnu à tous les enfants en RDC. Les jeunes ne devraient pas en être privé», insiste Donatien Cizungu, membre de l’organisation Génération épanouie, une organisation locale.

« En principe le loisir permet aux jeunes de se détendre et de tisser les liens d’amitié. C’est positif pour leur développement », estime-t-il.

Selon l’article Article 46 de la loi portant protection de l’enfant en RDC, « l’enfant a droit aux loisirs sains, aux jeux, au repos, aux activités récréatives, à la vie culturelle et artistique saine propres à son âge. L’Etat garantit la jouissance de ce droit par l’aménagement, la promotion et la protection des espaces appropriés », précise la loi.

« La pratique des activités physiques et sportives est un droit fondamental pour tous, l’Etat garanti ce droit dans tous les aspects de la vie nationale », renchérit l’article 2 de la loi portant principes fondamentaux relatifs à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives en RDC.

L’autorité rassure

Boniface Cizungu, chef de cellule Nyakavogo dans la commune de Bagira, estime qu’il est urgent que les responsables provinciaux trouvent une solution à ce problème. « Chaque quartier devait normalement avoir un terrain. Mais même les rares qui existaient ont été soit spoliés soit désaffectés », regrette-t-il.

Pour le chef de division de sport et loisir dans la province du Sud Kivu, Marc Kalume Kawaya, les autorités sont au courant de ce problème. Mais, il faut des préalables pour qu’une solution définitive y soit trouvée. « C’est depuis début 2000, pendant que la province était sous contrôle de la rébellion que des terrains ont été spoliés. Cela veut implique qu’il nous faut trouver aujourd’hui de nouveaux espaces où les implanter », justifie-t-il.

Mais, rassure-t-il, les autorités provinciales sont à pied d’œuvre pour la recherche d’une solution durable. « Une commission est sur terrain pour vérifier des endroits où créer des nouveaux terrains que le gouvernement pourra financer à Bukavu, Uvira, Kalehe, Fizi, et Shabunda. », rassure Kawaya.

De leur côté, les jeunes affirment continuer à attendre que cela se réalise. « Nous espérons que cela sera fait dans l’urgence par l’autorité car il s’agit d’un besoin réel pour les jeunes », espère Donatien Cizungu.

Gédéon BISIMWA, ETJ.

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