Manque du courant électrique dans les campus universitaires : un frein à l’épanouissement intellectuel

19 Juin 2016 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Vue d'une université de Bukavu, photo Alliance Mihigo
Vue d'une université de Bukavu, photo Alliance Mihigo

La ville de Bukavu connait le problème de desserte en courant électrique depuis plusieurs années. Plusieurs quartiers restent dans le noir pendant plusieurs années. Les universités et les campus où logent les étudiants ne sont pas épargnés. Une situation qui n’arrange pas les étudiants.

«C’est depuis 2013 que je suis arrivé ici. Le courant n’est jamais stable…», se plaint Alain étudiant à l’Institut supérieur du développement rural, ISDR. Dans son université, le courant est coupé régulièrement et souvent aux heures de nuit.

Un problème aussi partagé par Adio Lule, étudiante en deuxième licence, faculté des sciences commerciales et administratives, à l’Institut supérieur pédagogique, ISP.

« Nous priver du courant cela nous freine dans tous ce que nous pouvons faire surtout dans notre apprentissage au laboratoire et dans nos recherches » affirme-t-elle.

Des conséquences pour les étudiants

« L’année dernière, j’ai manqué où imprimer mon devoir faute du courant à l’université. Ce qui m’a poussé à aller imprimer ailleurs dans la cité. Mais à mon retour c’était déjà tard. Le professeur avait clôturé la réception des travaux et m’a collé zéro. Cela m’a poursuivi jusqu’à la deuxième session » témoigne Christian Panzi Kahasha étudiant à l’Université catholique de Bukavu, UCB.

Suite aux nombreuses coupures du courant, des étudiants affirment aussi avoir du mal à préparer leurs évaluations. « Je suis obligé d’allumer une lampes à pétrole ou la torche pour réviser. C’est difficile de se concentrer dans ces conditions. J’ai déjà des maux d’yeux suite à cela », s’indigne Alain Musafiri, étudiants en troisième année de graduat en planification à l’Institut supérieur de Développement rural, ISDR.

D’autres étudiants par contre parcourent des longs trajets à la recherche du lieu où s’allume une lampe électrique. Cela se fait, souvent dans les heures tardives au risque de s’exposer à l’insécurité.

« Un jour en revenant de l’étude en groupe, nous avons rencontré des bandits qui nous ont ravis deux ordinateurs portables, quatre téléphone et un peu d’argents. On ne prendrait pas ce risque si le courant était permanent à l’université », explique Cuma shamamba de la deuxième année de graduat a l’UCB, Université catholique de Bukavu, et interne a la dans le home de Karhale couramment appelé « maison blanche ».

Le problème du manque du courant électrique a aussi d’énormes conséquences sur l’apprentissage pratique des étudiants. Martin Enzo Fadhili étudiant en deuxième licence en informatique et gestion à l’ISP s’indigne. « Nous avons plusieurs laboratoire dans la faculté de l’informatique, mais qui, malheureusement, ne sont pas fréquentés par manque de l’électricité. Pourtant, l’informatique demande beaucoup de pratique ». Et à Jacques d’ajouter : « Avec le développement de la nouvelle technologie, le manque du courant électrique fait que nos étudiants n’accèdent pas à l’internet pour suivre certains cours en ligne».

Pour une solution durable

Pour le secrétaire générale académique de l’institut supérieure pédagogique de Bukavu, ISP, des actions sont en cours pour amener la SNEL (Société nationale d’électricité) à assurer aux universités une desserte permanente en courant électrique. Mais en attendant, des mesures palliatives sont prises pour compenser tant soit peu cette situation. « Comme la SNEL ne répond pas a notre besoin nous somme obliger d’acheter des générateurs. Ce ne sont pas seulement les étudiants qui sont bloqués. Cela nous affecte aussi nous qui sommes dans l’administration », souligne-t-il.

Contacté à ce sujet, un des agents de la SNEL qui a requis l’anonymat souligne que le problème de desserte du courant électrique est général et non particulier aux universités. « La population de la ville a augmenté. Sur deux barrages construits pour desservir la ville un seul fonctionne. La SNEL n’est plus à mesure de répondre à la demande de toute la ville vu que les quartiers naissent presque chaque jour », justifie-t-il.

Pourtant, l’accès à l’électricité est un droit fondamental pour chaque citoyen congolais. La constitution de la République démocratique du Congo à son article 48 stipule que tout citoyen a droit à un logement décent, doit avoir droit à l’accès à l’eau potable et l’énergie.

Pour Me Jean-François Sukay avocat au barreau de Bukavu, c’est à l’Etat que revient le devoir d’assurer l’effectivité de ce droit aux citoyens. « Que l’Etat prenne des mesures appropriés, mette en place des moyens pour garantir un accès permanent à toute la population à l’électricité », recommande-t-il.

Alliance Mihigo, ETJ.

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