Bukavu: La publicité sur l’alcool illégale et dangereuse pour les enfants

14 Décembre 2012 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

 

A Bukavu, radios et télévisions diffusent des publicités sur l’alcool et le tabac à longueur de journées. En toute illégalité, puisque la loi n’autorise en principe de telles annonces qu’à partir de 22 heures pour protéger les enfants. Le CSAC a dernièrement tapé du poing sur la table…

 

 

"Les publicités sur les boissons alcoolisées sont diffusées de 5 heures à 22 heures dans vos radios et télévisions. Pourtant, la loi réglemente de telles annonces !", a dernièrement reproché le coordonnateur du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) au Sud-Kivu, Janvier Museme, aux responsables de quatre médias de Bukavu. Début octobre, il les a convoqués dans son bureau pour les rappeler à l'ordre.

 

 

Jusqu'ici, la plupart des médias de la place bafouent en effet la réglementation et diffusent ces publicités longues (10 minutes et plus) et attractives, car souvent réalisées par des artistes populaires sous forme de chansons. "Consommez la bière pour arriver au bout du plaisir, pour donner plus d’énergie, chante-t-on !", déplore le coordonnateur provincial du CSAC. Institution qui, aux termes du point 19 de sa loi organique du 10 janvier 2011, doit notamment veiller au respect des normes sur la publicité.

 

 

Les heures de diffusion des publicités sur l'alcool et le tabac sont pourtant réglementées en RD Congo. Un arrêté du ministère de l’Information du 9 juillet 2007 (article 9b), modifiant et complétant un autre arrêté ministériel du 15 octobre 2002, en fixe les critères de diffusion : "Pour la télévision et la radio, aucun message publicitaire sur les boissons alcoolisées et le tabac ne sera diffusé avant 22 heures. Il ne sera fait aucune publicité pendant le week-end. Le message aura une durée maximum de 60 secondes. Leur diffusion se fera autour des programmes destinés aux adultes".

 

"L'annonceur impose ses règles"

 

 

Toutefois, les médias, faibles économiquement, s'accordent peu de liberté par rapport aux annonceurs. "C'est la Bralima qui dicte les heures de diffusion de sa publicité…", reconnaît Blaise Nsanyila, directeur de la télévision commerciale Vision Shala de Bukavu. Des agents du service du marketing de cette société brassicole, sous le sceau de l’anonymat, répliquent ne pas avoir besoin de la publicité à Bukavu, parce que la Bralima est la seule usine qui fabrique de la bière dans le nord-est de la RD Congo.

 

 

"Quand ils décrochent un marché de publicité auprès d’une société brassicole, les médias négocient souvent en position de faiblesse. Et l’annonceur impose ses règles", résume Solange Lusiku, présidente provinciale de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC). "Les brasseries visent souvent les heures où les médias sont très écoutés", confie M. Nsanyila. C'est-à-dire, entre 5 et 8 heures, vers 16 heures et à partir de 18 heures, selon une étude d’audience réalisée en mai 2012 par Search for common ground, une ONG américaine qui travaille sur la bonne gouvernance à travers les médias dans la région des Grands lacs.

 

 

A Bukavu, sur environ 15 radios et télévisions opérationnelles, une seule, Radio Maendeleo, reçoit des subventions de bailleurs de fonds étrangers. Ce qui justifie, selon Jolly Kamuntu sa directrice, que cette chaine s’abstienne de diffuser des publicités sur l’alcool et le tabac.

 

 

Sanctionner pour protéger les enfants

 

"Si la loi a réglementé les heures de diffusion de la publicité sur l’alcool, c’est principalement pour protéger les enfants, car à 22 heures, ils sont en principe endormis", justifie Janvier Museme, qui se réjouit de voir certains médias commencer à respecter la loi depuis qu’il les a mis en garde.

 

 

"Exposer les enfants aux publicités sur l’alcool et le tabac, c’est les inciter à en consommer. Ce qui est immoral et asocial !", insiste Me Pappy Kajabika, responsable de Vision sociale, une ONG congolaise de protection de l’enfance basée à Bukavu. "L’enfant cède facilement face à la publicité sur l’alcool", confirme Déogratias Bagayamukwi, psychologue, qui évoque l’article 28 de la loi 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant selon lequel : "L'Etat veille à l'application effective des textes légaux garantissant la diffusion de l'information qui ne porte pas atteinte à l'intégrité morale ni au développement intégral de l'enfant. Il encourage les médias à diffuser une information saine et des programmes qui présentent une utilité sociale, culturelle et morale pour l'enfant."

 

 

Un autre texte protège les plus jeunes et prévoit des sanctions contre les annonceurs et les médias récalcitrants. "L’article 11 de l’arrêté du 9 juillet 2007 prévoit, entre autres, l’avertissement, le rappel à l'ordre, la saisie de produits, leur destruction, ainsi que le paiement d'amendes transactionnelles et de frais administratifs pouvant aller jusqu'à 50 000 $", fait encore remarquer Me Kajabika.

 

 

Prince Murhula

 

 

 

 

 

 

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