Faraja Zawadi, un courage exceptionnel

11 Juillet 2013 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

IMG_2358.JPG

Depuis deux ans, Faraja Zawadi travaille comme journaliste dans la radio communautaire Bubusa basée à Mugogo dans le territoire de Walungu, un des 8 territoires que compte la province du Sud Kivu à l'est de la République démocratique du Congo.

Dès son entrée dans la profession, cette jeune femme a été confrontée aux différents défis.

Une coutume hostile à la femme journaliste

ˮ Je devais d’abord me faire accepter dans ce milieu où la femme journaliste est traitée comme une fille de mœurs légère, une prostituée. Bref, elle n’a pas une bonne réputation ˮ.

Selon la coutume locale, en effet, la femme n’a pas le droit de prendre la parole devant les hommes. Pourtant comme femme journaliste elle parle aux milliers des personnes au même moment parmi lesquels des hommes souvent extrémistes.

IMG 2360

Son amour du métier et sa détermination à surmonter les barrières de la coutume lui ont valu l’exclusion dans certains groupes qu’elle fréquentait au début de sa carrière. ˮ J’ai vu mes amis commencer à se retirer une à une car on disait déjà partout que je suis devenu une mauvaise fille et que je pouvais aussi salir leur réputation ˮ se souvient-elle.

Pour des hommes dans son village,  le fait qu’elle approchait les hommes ordinaires, les chefs locaux, les personnes qu’on accusait d’être voleuses ou sorcières, les bandits du village ou les voyages qu’ elle devait effectuer en dehors du village n’était pas digne d’une fille ˮ pourtant c’est normal quand on est journaliste de rencontrer les sources quel que soit leur identité ˮ ironise-t-elle.

Certaines femmes avec qui elle a commencée à l’époque ont abandonnées le métier en cours de route ˮ elles ne pouvaient plus supporter des injures des gens ˮ.

Dans cet environnement hostile à la femme et où la vérité dite dans les médias dérange souvent, Faraja a reçu plusieurs menaces verbales et physiques. ˮ Un soir je quittais la radio pour me chercher du pain dans les environs. J’ai rencontré trois hommes qui m’ont arrêté. L’un d’eux m’a étranglé alors que les autres me disaient que je passais mon temps à me prostituer pour aller mentir à la radio. Ils étaient tellement agressifs et me disaient que j’allais voir. Heureusement pour moi des voisins qui ont suspecté le mouvement ont accouru vers nous. Alors ils m’ont lâché et pris la fuite ».

Au lieu de la décourager, cette agression a plutôt conforté sa détermination. « Je me disais que cela ne devait pas m’empêcher de continuer ˮ témoigne-t-elle.

Aujourd’hui, deux ans après, elle reconnait que sa patience et son endurance produisent des fruits ˮ je suis déjà acceptée par une grande partie de la population de Walungu. Je vois même certains hommes qui viennent me féliciter pour mon travail. C’est vraiment différent d’il y a deux ans ˮ

 

IMG_2359.JPG

A 22 ans, Faraja est aussi devenu rédactrice en chef au sein de sa radio depuis juillet 2012 mais aussi la première femme à occuper ce poste dans tout le territoire de Walungu.

Pour les autres femmes de son village, Faraja représente aujourd'hui une grande inspiration ˮ malheureusement elles hésitent toujours à m’emboiter le pas par crainte de la coutume ˮ.

Difficiles conditions de travail

Pour aller à sa radio, chaque matin Faraja fait deux heures de marche à pied pour quitter sa maison à Ikoma et se rendre à Mugogo centre à quelques 10 km. ˮ Parfois je dois encore parcourir deux heures de marche pour aller en reportage car on n’a pas des moyens de transport ˮ.

Quand elle travaille le soir, Faraja doit aussi passer la nuit à sa radio pour sa sécurité. « Parcourir des longs trajets à pied pour arriver à la radio et trouver l’information, passer la nuit à la radio et souvent sans manger tout cela est difficile pour une femme », reconnait-elle. Surtout si on doit gagner difficilement 50$ à la fin du mois.

Sensibiliser et appuyer

Si les autres femmes ont peur d’embrasser la profession de journaliste dans le territoire de Walungu, cela part de ces problèmes liés à la coutume et aux moyens financiers et logistiques. " je lance un appel aux organisations qui le peuvent pour nous aider à sensibiliser davantage les communautés locales pour lutter contre les violences basées sur le genre surtout les préjugés sur la femme journaliste.

Aussi, il faudra qu’il y ait des moyens pour faciliter la tâche aux journalistes notamment la mobilité pour la collecte de l’information. Ca permettra à beaucoup de femmes de venir me rejoindre dans cette lutte pour la transmission d’une information constructive "

 

Prince Murhula

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

gucci replica 06/03/2015 08:04

I would like to thank you for the efforts you have made in writing this article.

chanel replica 06/03/2015 08:04

Interesting info, do you know where I can find similar information?

replica watches 06/03/2015 08:04

Very good stuff with good ideas and concepts, lots of great information and inspiration, both of which we all need.