Bukavu: Quoique menacée, elle réclame réparation de la mort de sa fille

3 Janvier 2013 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Depuis décembre 2012, la famille Kashamuka Mweze Jean Marie vit dans la clandestinité. Une décision prise après plusieurs menaces de mort subit suite à son implication dans le dossier de l’assassinat de sa fille Nicole.

 

En juin 2010, Nicole Kashamuka avait été assassinée à Katana et son cadavre retrouvé le lendemain aux environs du centre de recherche en sciences naturelles CRSN Lwiro.

Deux présumés complices de cet acte ont été arrêté début 2011 avant d’être relaxé quelques mois plus tard.  “ C’est suite à l’insistance de la famille pour la reprise du procès  qu’aujourd’hui elle se voit menacée de mort “ affirme Me Toto Manimani, avocat de la famille.

 

Menacée pour qu’elle se taise

 Depuis décembre dernier, Kashamuka Jean Marie affirme vivre avec sa famille dans l’insécurité permanente “ ils veulent que je me taise, que je laisse passer impuni l’assassinat de ma fille“ ne cesse-t-il de répéter. Il affirme avoir reçu plusieurs menaces par téléphone et physique pour qu’il arrête de réclamer.

 “ La dernière fois, au mois de décembre, ce sont des militaires armés qui sont venus l’attaquer directement à son magasin à la botte “ dénonce Me Manimani. “ C’est grâce aux cris des voisins que mon client et sa femme ont eu la vie sauve ce soir là “ poursuit-t-il.

 “ J’ai continué à recevoir des menaces anonymes au téléphone m’exigeant de ne plus mettre mon nez dans cette affaire sinon moi et ma famille allions aussi rejoindre Nicole “ affirme Kashamuka Jean Marie.

“ Cette période là, nous avons commencé à voir des mouvements suspects des militaires armés chaque soir au tour de notre domicile à Nyawera (un quartier de la ville de Bukavu ndlr)“ témoigne Wanny Kashamuka, l’une de ses filles.

 Me Toto Manimani affirme avoir alerté des autorités judiciaires en cette période sans succès. “J’ai aussi informé les responsables militaires de la ville sur cette situation mais sans réponse concrète. Pour la protection de la vie de mes clients, je leur ai alors conseillé de s’exiler en attendant qu’une solution soit trouvée“ souligne Me Toto Manimani.   

Nous avons tenté en vain de contacter les autorités judiciaires et militaires de la ville de Bukavu pour avoir leur réaction sur cette question.

 

Malgré tout, elle réclame justice

Depuis trois ans, Nicole Kashamuka a été assassiné mais jusque là personne n’a été condamné pour cet acte “ pourtant ceux qui ont tué ma sœur sont connus mais ils restent libres et impuni“ déplore Pascal Kashamuka, frère ainé de la défunte.

Son père, lui, insiste sans arrêt que justice soit faite “ Je veux seulement savoir la vérité sur la mort de ma fille mais aussi pourquoi des militaires s’ingèrent dans ce dossier et nous insécurisent de la sorte“ clame-t-il.

 “ Aujourd’hui, cette famille attend voir la justice congolaise s’impliquer activement dans ce dossier pour obtenir réparation de la mort de leur fille“ note pour sa part Me Toto Manimani qui demande aussi à l’état congolais de leur assurer la sécurité.

Justin Akenge

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plomberie paris 1er 29/01/2015 16:48

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