Nord-Kivu: Le désarmement des rebelles, plus que jamais d'actualité

22 Juillet 2013 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

 

 Ces derniers jours, la tension est à nouveau vive près de Goma (Nord-Kivu) avec la reprise des combats entre armée régulière et M23. La population attend avec inquiétude la mise en place effective de la force internationale et la poursuite du désarmement des milices rebelles.

 

Depuis dimanche dernier 14 juillet, les bombardements et les tirs d'armes légères ont repris à Mutaho, à une dizaine de kilomètres de Goma. C'est de nouveau le face-à-face entre les Forces armées de la RD Congo et les rebelles du M23. Malgré la violence des combats, les positions n'ont pas évolué et les FARDC maintiennent le M23 à distance de la capitale du Nord-Kivu. L'inquiétude va grandissante, mais les habitants de Goma continuent de vaquer à leurs occupations, suivant avec attention les messages plutôt rassurants diffusés sur les antennes de la RTNC.

Pour certains, ces affrontements risquent de ralentir le processus de désarmement en cours des nombreuses milices qui sévissent dans la province. De plus en plus de miliciens déposent les armes, depuis l'annonce des traques qui seront organisées par la brigade internationale des Nations Unies, en appui aux forces régulières congolaises.

Cette force internationale, qui a commencé à être mise en place et doit, en principe, être opérationnelle ce mois de juillet, constitue pour beaucoup d'habitants de la région, une lueur d'espoir vers la fin de la violence qui dure depuis des décennies. "Nous avons beaucoup souffert, nous espérons que cette brigade internationale va aider l'armée gouvernementale à anéantir toutes les rebellions, y compris le M23. Ces milices ont complètement déstabilisé nos vies", confie un jeune motard qui, avec six autres taxis motos, transportent gratuitement des commandos vers Mutaho, là où les FARDC font face au M23.

Pour inciter davantage de rebelles à quitter les rangs des groupes armés, des opérations de sensibilisation sont menées. Tous les jours, au marché central de Virunga comme dans tous les marchés publics de Goma, un haut-parleur diffuse un message préenregistré : "Dites à vos enfants qui commettent des exactions de déposer les armes et de se rendre à la Monusco. Ils ont le choix entre l'intégration dans l'armée ou le retour à la vie civile".

 

Des rebelles se rendent

Ces opérations de sensibilisation trouvent un écho auprès de certains rebelles qui commencent à déserter le maquis. C'est le cas à Masisi où "une trentaine de miliciens Nyatura se sont rendus aux FARDC", selon Dieudonné Tshishiku, administrateur du territoire.

Dans l'enceinte de la division de Désarmement, démobilisation, rapatriement, réintégration et réinstallation (DDRRR)de la Monusco, six jeunes attendent de se faire enregistrer comme ayant quitté la rébellion. "C'est mon grand-père qui m'a convaincu de quitter le maquis. Mais j'avais aussi la peur d'être pris par les FARDC et la brigade internationale", avoue l'un d'eux, qui sollicite une carte téléphonique pour inviter ses frères à se rendre comme lui. Selon Alexandre Essomé, responsable de l'Information publique de la Monusco à Goma, qui s'adressait à la presse le 10 juillet dernier, "il ne se passe pas une journée sans qu’au moins deux rebelles se rendent à la division DDRRR".

Quelques rares habitants de Goma manifestent leur ras-le-bol des opérations militaires qui n'ont guère mené à la fin des conflits dans le Nord-Kivu. Pour eux, la poursuite du dialogue est plus indiquée, avec l'implication des notables, hommes d'affaires et des autorités politiques. "Les rebelles et les militaires ne seront pas les seuls à périr lors des traques, des populations sans défense vont aussi y perdre la vie", affirme un défenseur des droits de l'homme.

Si les avis divergent entre ceux qui souhaitent la traque et ceux qui optent pour le dialogue, la mission de la brigade internationale est, elle, sans ambiguïté. Elle tient dans la résolution de l'ONU qui préconise des actions offensives "ciblées et robustes" avec comme objectif de "neutraliser et désarmer" les rebelles.

Mustapha Mulonda

 

Rebelles du M23

Rebelles du M23

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