Sud Kivu : Deux camps inaugurés pour caserner près de 1500 militaires

3 Juillet 2012 , Rédigé par Journalistes-Démocratie-Droits Humains Publié dans #News

Inauguration mardi 2 juillet de deux camps de militaires, camps Saïo en plein centre cille de Bukavu et camps Nyamunyunyi aux alentours de l’aéroport de Kavumu à environ 30 Km du centre de Bukavu dans la province du Sud Kivu à l’est de la république démocratique du congo. Onze millions de dollars ont été débloqué par le royaume des pays bas pour la construction de ces deux camps et les travaux sur terrain ont été exécutés par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), l’Organisation internationale des migrations(OIM) et la mission des nations unies en RDC, MONUSCO. Pour le Général Pacifique Masunzu, commandant de la dixième région militaire du Sud Kivu " l’acquisition de ces infrastructures va rehausser le moral du militaire dont la famille restera stable au moment où ce dernier sera appelé à accomplir sa mission régalienne celle de la défense de l’intégrité du territoire et la protection de la population et de ses biens" Il a aussi recommandé aux militaires bénéficiaires de ces infrastructures de les garder en bon père de famille. " Cette inauguration est un indicateur objectivement vérifiable que la RDC et ses partenaires ont pris à cœur l’une des grandes préoccupations des militaires qu’est l’hébergement" a renchéri Etienne Babunga, ministre provincial de l’intérieur, représentant du gouverneur du sud Kivu. Pour le ministre national de la défense nationale Alexandre Luba Ntambo " la solennité de l’inauguration de ces camps traduit la volonté et le ferme engagement du président de la république, commandant suprême des forces armées d’assurer par tous les moyens aux militaires et à leurs familles le bien être et les conditions décentes de logement"

 

Des logements pour la certains, pas pour tous

Dans les camps, les réactions des militaires sont distants des discours des officiels. Seulement mille trois cents cinquante sept militaires et leurs dépendants, en raison de six cents nonante hommes pour Saïo et six cents soixante sept pour Nyamunyunyi , sont hébergés dans ces camps. Pourtant, selon une source militaire, la province compte plus de vingt mille militaires actifs et plusieurs milliers de dépendants qui sont sans abri. Pour un grand nombre de militaire, c’est la tristesse sur les visages" Nous sommes très nombreux nous qui manquons les appartements ici les chefs nous disent que les maisons étaient moins nombreuses " se plaint Faida, mère de trois enfants et épouse d’un premier lieutenant de l’armée. "On ne sait même pas quels étaient leurs critères de sélection pour attribuer des logements. Le trafic d’influence y a joué beaucoup" dénonce un sergent basé à Kavumu et dont plusieurs compagnons n’ont pas été admis dans le camp. Interrogé, Alexandre Luba Ntambo qui ne nie pas les faits estime que d’autres projets pourront être développé pour héberger ceux qui ont manqué de place dans ces camps " le problème est plus complexe et demandera beaucoup plus d’argent" précise-t-il . Selon le ministre, seuls les militaires qui ne se sont pas rendu coupable des infractions ont été sélectionnés pour habiter les camps. Curieusement, dans les camps ces derniers se plaignent aussi d’avoir rencontré des maisons vides sans chaises, lits, matelas,… pourtant ils leur étaient promis" Nous sommes obligé de tout acheter avec notre propre argent" témoigne Déo, un soldat hébergé dans le camp Nyamunyunyi depuis deux mois.

 

Améliorer le social des militaires pour plus de sécurité

"Je crains que ces militaires dévastent les cultures dans mon champs" confie Muhindo Gérard, un paysan d’une cinquantaine d’année et dont le champ est situé à seulement environ vingt mètres du camp de Nyamunyunyi. L’inquiétude de ce paysan est partagée par l’ensemble de ses voisins." Leur inquiétude est fondé" confie un lieutenant qui affirme toucher 60 mille francs (66$) par mois comme d’autres militaires. Selon lui l’Etat ne leur garanti ni la ration alimentaire, ni les soins de santé, ni l’éducation des enfants ni le logement pour ceux là qui ne sont pas dans les camps " Ainsi, au milieu du mois quand je trouve que je n’ai plus rien, c’est normal que je m’abatte sur la population,…". Pour un grand nombre des militaires rencontrés à Nyamunyunyi, leur présence dans les camps ne change rien de leur quotidien si leurs conditions sociales ne sont pas améliorées. L’amélioration de la solde des militaires et la disponibilité de la ration alimentaire sont les grandes revendications de ces derniers. " Si je suis bien payé, bien soigné et bien nourri, je sais que ma famille a une sécurité sociale comment je ne peux pas bien faire mon travail " s’interroge le sergent major Bama L. "Chaque chose a son temps" souligne pour sa part le vice premier ministre et ministre de la défense réagissant aux préoccupations des militaires. Il a néanmoins promis que d’ici la fin de l’année le gouvernement va améliorer " l’existant" des militaires sur tout l’ensemble du pays.

Prince Murhula

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